Liliana Salone

Liliana Salone est née à Palerme. Elle a étudié l’architecture à Palerme et le dessin à l'Académie des Beaux-arts de Bologne.

"A culture is not superior to its forests” W. H. Auden!

“Nel mezzo del cammin di nostra vita!
mi ritrovai per una selva oscura!
ché la diritta via era smarrita!
Ah quanto a dir qual era è cosa dura!
esta selva selvaggia e aspra e forte!
che nel pensier rinova la paura!!
Tant’è amara che poco è più morte;!
ma per trattar del ben ch’io vi trovai!
dirò dell’altre cose ch’i’ v’ho scorte.”!
(La Divina Commedia, Inferno, Canto primo, 1–9).!

Cette exposition est la première étape de mon voyage dans la forêt. Pour moi, la forêt est le lieu où se trouve Dante, un lieu d'événements et de transformations extraordinaires et magiques. Le lieu où se rencontrent mon Moi et ma nature profonde, l'âme, le sacré, l'inconnu, le sauvage, le lieu de l'expérience initiatique. À l'opposé de notre terre construite, cultivée et contrôlée, elle est un espace dans lequel nos règles, subordonnées aux règles ''chaotiques'' de la nature spontanée, perdent soudain toute valeur. C'est un espace pétri de contradictions : elle m'attire et me dérange, me nourrit et me prive, me réconforte et me menace, m'offre un souvenir intime et me désoriente à l'idée de son étendue sans fin. !

La forêt est l'archétype de l'ombre, de la traversée, un lieu privé de lumière du soleil, parsemé d'allégories et de symboles initiatiques, le théâtre idéal des phases essentielles de l'individuation : perte, errance, recherche, rencontre, découverte, retour au foyer. Dans l'isolement de la forêt, les mystiques, les ermites et les ascètes trouvent le lieu idéal pour accéder à des états de conscience supérieurs.!

Comme la terre, elle possède des caractéristiques créatives, métamorphiques et cycliques typiquement féminines : son ventre sombre avale les carcasses, les mycètes, les excréments, les feuilles pourries et les vieilles souches, les métabolisant en un humus humide et fertile, où une

infinité de spores invisibles et de graines minuscules reposent, impatientes de germer, pour ériger l'arbre cosmique, l'arbre du monde.!

La forêt est peuplée d'entités doubles fantastiques, hybrides entre l'homme et la bête, entre le rationnel et le sauvage, entre le sensible et l'incompréhensible, des personnages tantôt bienveillants et séduisants prêts à tester et récompenser notre moralité, tantôt hostiles et effrayants, personnifications de la terreur panique, des composantes primitives dangereuses de notre être, car, comme nous le savons, notre nature n'est pas exclusivement positive.!

Dans la forêt, tout m'invite, les silences, les peurs, la pluie qui joue sur les arbres, l'odeur de mousse, les traces d'animaux sauvages, tout me fait comprendre que je suis un hôte de passage. Ma forêt résonne du « LIEDERKREIS » ; op. 39 ; de Robert Schumann chanté par Dietrich Fischer-Dieskau.!

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